Cabinet médical de Tresserve - 73100 TRESSERVE

Cabinet médical de Tresserve

Médecine générale - Médecine de famille

23, chemin de Pierre Morte
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GREVE du 5 au 15 janvier 2026


Une grève historique, de par l'unanimité syndicale, la participation de médecins généralistes, spécialistes, chirurgiens a été menée du lundi 5 au jeudi 15 janvier. Cette grève a été finalement assez peu suivi médiatiquement alors que la santé est l'une des toutes premières préoccupations des Français(es).

Lancée initialement suite des mesures votées par le Parlement dans la loi de financement de la Sécurité Sociale, cette grève a beaucoup mobilisé car elle reflète l'exaspération ressentie par le corps médical, libéral mais également hospitalier, depuis plusieurs années : notre système de Santé se délite et nous constatons tous les jours qu'il est plus compliqué de se faire soigner qu'il y a seulement dix ans difficulté à trouver un médecin traitant, allongement des délais pour consulter un spécialiste ou pour bénéficier d'un examen radiologique,...).

Certains politiques, certains haut-fonctionnaires voudraient nous en rendre responsables en nous dénonçant comme ingrats ("on leur a payé leurs études tout de même"), comme travaillant insuffisamment ("trop de patients sont sans médecin traitant", "la participation aux gardes de nuit et de week-end devrait être obligatoire pour tous les médecins") ou ne faisant pas preuve de solidarité ("ils pourraient aller travaille deux jours par mois dans les zones sous-dotées!"). 

Ils oublient leur lourde responsabilité collective dans cette situation : la baisse du nombre de médecins pour les années 2020 était annoncée par l'Ordre des Médecins depuis le début des années 2000 tenant compte du départ en retraite des médecins formés en plus grand nombre avant la mise en place du numerus clausus combiné au nombre moins important de médecins formés depuis la mise en place de celui-ci (années 80). Rien n'a été anticipé pour accélérer la formation des médecins avant 2017. La durée minimale pour qu'un médecin soit suffisamment formé pour exercer est de 10 ans... L'inertie des décisions politiques se paie aujourd'hui.

Pour raviver un exercice libéral moribond, nos parlementaires n'avaient rien trouvé de mieux que de procéder à un concours Lépine de mesures toutes plus folles les unes que les autres lors du vote de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, tout en tenant des propos insultants et provocateurs envers les médecins libéraux au cours des débats sur cette loi.

Certaines mesures ont pu être supprimées mais d'autres restent une menace encore possible :

1) dans une loi pour la lutte contre les fraudes (le message : médecin = Fraudeur) , les médecins désignés (sur des critères opaques) comme plus gros prescripteurs d'arrêts de travail pourraient subir une procédure de Mise Sous Objectifs (MSO) obligatoire c'est à dire l'imposition par l'Assurance Maladie de baisser les prescriptions de 20 à 30 %, sans autre forme de procès, sous peine de pénalités de plusieurs milliers d'euros s'il échoue.  Actuellement, une autre procédure existe, la Mise Sous Accord Préalable (MSAP), consistant à faire superviser chaque arrêt de travail prescrit par le médecin-conseil de l'Assurance Maladie qui valide ou non selon des critères médicaux l'arrêt de travail. LA MSO obligatoire n'est rien d'autre qu'une médecine de quota : si votre médecin est dans le viseur de la CPAM et qu'il est sous MSO, il sera contraint de diminuer ses prescriptions sur des critères plus financiers qu'autre chose...

Les médecins dénoncent par ailleurs le fait d'être désignés comme seuls responsables de l'augmentation des dépenses liées aux arrêts de travail après avoir traversé une période pas si lointaine ou l'auto-mise en arrêt était recommandée au moindre symptôme viral et jusqu'à réalisation d'un test PCR. Les politiques oublient qu'ils ont diminué l'importance de la médecine du travail (suivi tous les 5 ans au lieu de 2) et que l'augmentation de l'âge de la retraite entraîne automatiquement le maintien de personnes plus "âgées" en poste et donc statistiquement plus à risque de voir apparaître des pathologies pouvant conduite à un arrêt de travail (cancers, pathologies cardiovasculaires, etc...)

2) la possibilité pour le/la ministre de la santé ou pour l'Assurance Maladie de baisser unilatéralement le tarif de certains actes si ceux-ci étaient jugés trop "rentables". Dans un pays où le niveau des honoraires médicaux est discuté lors de négociations entre les syndicats médicaux et l'assurance maladie pour aboutir à une convention entre les médecins et la Nation, ce procédé législatif met à bas autoritairement ce principe de négociations et ouvre la porte à toute baisse de tarifs sans autre justification que la trop grande rentabilité d'un acte. La convention est un contrat, cette loi cherche à contourner ce principe et c'est inacceptable.

3) la suppression du remboursement des prescriptions d'un médecin non-conventionné. Ces médecins n'avaient jusque là que leurs honoraires qui n'étaient pas remboursés. Dorénavant, ce serait également leurs prescriptions (médicaments, examens...). Il faut savoir que si vous vous rendez à l'étranger et que votre état nécessité une consultation médicale sur place, de fait vous consultez un médecin non-conventionné avec l'Assurance Maladie française. Cependant, à votre retour, la CPAM peut vous rembourser une partie de vos soins selon le tarifs en cours en France. Les soins procurés par un médecin étranger seront donc dorénavant mieux pris en charge qu'un médecin exerçant en France mais ayant l'outrecuidance de sortir de la convention médicale... ou comment obliger tous les médecins à rester dans la convention médicale et leur imposer une convention avec plus de contraintes....

Le Conseil constitutionnel (avis du 30/12/2025) ne semble pas avoir été gêné par le fait que les patients de ces médecins ont dû cotiser obligatoirement à l'Assurance Maladie mais malgré cela, ne peuvent pas se faire rembourser les soins prescrits par leur médecin.

4) deux autres lois, déjà discutées en 2025, visent pour l'une à restreindre la liberté d'installation (loi Garot) pour l'autre à discuter l'obligation pour tout médecin d'aller exercer deux jours par mois dans des zones définies comme sous-denses en médecins (Loi Mouiller) avec pénalités à la clé pour les récalcitrants. La loi Garot a pour objectif de limiter les installations dans les zones normo- ou sur-dotées au départ d'un médecin exerçant déjà dans ces zones. Sauf que du fait de la baisse de démographie médicale, peu de zones peuvent être considérées comme sur-dotées et cette loi n'aurait pour conséquence que d'empêcher l'installation de médecins dans des zones à peine normo-dotées (comme le territoire d'Aix les Bains)


En somme, ce mouvement très suivi (jusqu'à 50 % de cabinets libéraux fermés dans certaines zones (comme en Savoie), fermetures de blocs opératoires, de cabinets de radiologie, manifestation ayant réuni près de 20 000 médecins à Paris le 10 janvier), avait pour but surtout d'alerter les pouvoirs publics sur le degré d'exaspération de la médecine libérale et sur la crainte de nous voir, nous médecins indépendants, être de plus en plus sous l'emprise de l'administration et d'une politique de contrôle basées uniquement sur des objectifs financiers ce qui est en contradiction avec l'esprit de notre engagement professionnel/


Article L4127-5 du code de Santé Publique : "le médecin ne peut aliéner son indépendance professionnelle sous quelque forme que ce soit"

Article L162-2 du code de Santé Publique "Dans l'intérêt des assurés sociaux et de la santé publique, le respect de la liberté d'exercice et de l'indépendance professionnelle et morale des médecins est assuré conformément aux principes déontologiques fondamentaux que sont le libre choix du médecin par le malade, la liberté de prescription du médecin, le secret professionnel, le paiement direct des honoraires par le malade, la liberté d'installation du médecin"

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